Jirí Kylián à l'Opéra
Mardi dernier, nous sommes allés voir "Qui suis-je? Où vais-je?" de Jirí Kylián à l'Opéra de Lyon. C'était mon premier spectacle à l'Opéra. J'ai découvert les structures arrondies ultra-modernes du bâtiment. Cela contraste fortement avec le reste des façades et la grande salle où se trouvait le bar.
Ce spectacle était en trois partie :
- Symphonie de psaumes de Stravinsky
- Bella Figura
- Sechs Tänze de Mozart
Symphonie de psaumes

Pour la première partie, seize danseurs, huit femmes et huit hommes, évoluaient ensemble sur la scène, il y avait juste des chaises aux angles et un immense rideau de fond composé d'une multitude de tapis dans les tons rouges et qui montaient jusqu'au plafond.
Les danseurs évoluaient de façon très géométrique, autant dans leur gestuelle corporelle que leur position les uns par rapport aux autres.
Souvent ils utilisaient des positions pas très naturelles, les paumes tournées vers le ciel, les poignets complètement cassés, les pieds qui passaient d'une pointe à un angle extrême dans l'autre sens. Cela leur faisait un peu perdre la force d'un corps humain, ils devenaient quelque chose d'autre, plus proche du conceptuel.
Les mouvements en décalé du groupe de danseurs accentuaient encore plus ce côté là.
Bella Figura
Cette deuxième partie a commencé juste après l'entracte. Des danseurs sont montés sur scène dans la pénombre et ont commencé à évoluer sur la scène comme s'ils étaient en train de s'échauffer, chacun faisait une figure différente puis recommençait. Les gens continuaient de revenir de la pause et c'est à peine si ils remarquaient que le spectacle avait recommencé. La salle était toujours allumée.
Petit à petit, la lumière a baissé et deux danseurs, presque nus, sont apparus au milieu du groupe et ont commencé à danser de dos. Puis le rideau s'est refermé derrière la danseuse qui s'est retrouvé sur le devant de scène seule, torse nu. De temps en temps, des bras la saisissaient à travers le rideau, elle continuait à danser en l'air.

Petit à petit le ballet s'est mis en place, des personnage avec deux type de costumes différents se succédaient, soit des couples tendrement enlacés en corsets rouges pour les filles et T-shirt moulant transparent pour les mecs, soit des ensembles de danseurs et danseuses, seulement vêtus d'une immense jupe rouge bouffante.
Pendant toute cette partie, des rideaux arrivaient pour découper la scène en espaces plus petits dans lesquels évoluaient les danseurs.

Il est toujours étonnant de voir arriver la nudité sur scène. Les gens, qui habituellement sont si prompts à se choquer de voir de la nudité, ne cillent même pas. C'est de l'art.
Au début, cela m'a un peu dérangé. Il y avait quelque chose de non-naturel dans cette apparition, j'avais l'impression de me retrouver dans la peau d'un voyeur malgré moi, cette nudité a débarqué soudainement et était plus de l'exhibition qu'autre chose. Ensuite, le côté graphique des scènes m'a complètement fait oublier qu'il n'est pas habituel dans notre société de voir des femmes seins nus.
Il est très difficile de désamorcer le réflexe de voyeurisme quand une personne nue se retrouve en présence de gens habillés. La nudité peut être quelque chose de naturel mais il faut que le contexte soit propice.
Sechs Tänze
Ce tableau était très court, très dynamique et surtout très drôle. Les danseurs étaient habillés avec des sous-vêtements médiévaux; Grands corsets, culottes bouffantes, ... Leurs cheveux étaient recouverts de poudre et chaque mouvement laissait une traînée blanche dans l'air.
Les danseurs jouaient entre eux, et franchement ont voyait qu"ils se faisaient plaisir à jouer.

C'était super rafraîchissant après les deux autres parties beaucoup plus sérieuses.
Cette soirée à l'Opéra était très sympathique, j'espère pouvoir retourner voir d'autres spectacles de danse dans ce lieu.
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