Djur Djura à l'Auditorium
Jeudi soir, Djur Djura jouait à l'Auditorium de Lyon. Pour Céline, Djur Djura est un souvenir d'enfance et pour elle c'était important d'aller la voir en vrai.
Ce concert avait lieu dans le cadre du festival, "D'un monde à l'autre".
En première partie, il y avait Ayo, une chanteuse nigério-allemande. Mon avis sur cette partie du concert : à mettre à la poubelle et en premier le technicien son qui a fait un travail dégueulasse.
Le mixage du son était tellement fin qu'il était difficile de distinguer un instrument d'un autre, le tout était mélangé en une espèce de soupe sans relief. La seule chose qui passait par dessus le reste était la grosse caisse. À chaque battement les sièges de l'auditorium vibraient, je vibrais tellement fort que j'étais à la limite du malaise cardiaque. La chanteuse de temps en temps poussait un peu sa voix et le micro était si parfaitement réglé que le son saturait immédiatement provoquant grésillements et larsen.
La lumière était à la hauteur du reste de la performance, un jeune technicien fougueux voulait absolument essayer toutes les options de ses projos télécommandés, il essayait plein de couleurs différentes et pour bien voir le rendu éclairait le public avec. Résultat, va essayer de regarder une scène avec un projo braqué sur toi, très rapidement il devient impossible de regarder la scène.
Je me sentais mal et énervé j'ai donc quitté la salle pour attendre le concert suivant, j'ai trouvé un chaise dans le couloir derrière le second balcon. Là, alors que j'attendais, j'ai vu d'un seul coup passer des hordes de jeunes filles prépubères en crise d'hystérie qui couraient comme des dératées. Elles voulaient absolument aller envahir le devant de scène en hurlant patricckkkk ... Ha non, je me suis trompé elles criaient "Ayoooooo".
L'entracte est enfin arrivé, j'ai pu laisser mes oreilles se reposer un peu. J'appréhendais la deuxième partie du concert, on m'avait dit que l'Auditorium est une salle accoustique, c'est pour ça que le son n'était pas bon.
Djur Djura enfin est venue sur scène et là, miracle, le son était bon, même très bon, et la lumière impeccable. Très rapidement, la horde de fans en délire à quitté l'Auditorium, Djur Djura n'était sûrement pas assez soul pour eux. C'est impressionnant de se retrouver au bout de quatre chansons quasiment seuls sur le balcon de l'auditorium. On en a profité pour changer de place et croyez moi on avait l'embarras du choix pour trouver de nouvelles places bien au centre.

Je ne connaissais Djur Djura que par quelques chansons que m'avait fait écouter Céline sur de vieilles bandes de ses parents et les quelques morceaux diffusés sur Radio Canûts.
Je suis complètement tombé sous le charme de cette chanteuse et de son groupe. Son tour de chant était un véritable spectacle avec des costumes, des contes, une mise-en-scène, ... Tout ce qu'il fallait pour mettre en avant la musique et les revendications de Djur Djura. Elle nous a expliqué qu'elle est une militante de la première heure pour la reconnaissance des droits des femmes en Algérie mais aussi partout dans le monde.
Elle a invité une autre chanteuse à slamer, terme que je ne connaissait pas avec elle. Elle aussi est une chanteuse algérienne et elle a interprété quelques chansons, elles-aussi, très engagées.
Par la suite, Djur Djura a invité une jeune danseuse de hip-hop à venir faire une démonstration pendant qu'elle chantait des chansons très traditionnelles. C'était très drôle de voir le contraste entre cette jeune fille à l'allure masculine, survêt-casquette, et la choriste de Djur Djura en grande tunique blanche rebrodée. Les deux dansaient dos-à-dos, ce qui augmentait encore le contraste.
Chaque musicien du groupe était exceptionnel, la musique et l'ambiance sur scène fantastiques.
Après le concert, un groupe du Burkina Faso, Kady Diarra, jouait dans l'entrée de l'Auditorium. Il était tard donc nous ne sommes pas restés longtemps mais la musique et surtout la chanteuse était épatants.
Je garde un excellent souvenir de ce concert, la prestation de Djur Djura et dans une moindre mesure celle de Kady Diarra m'ont complètement fait oublié le désastre de la première partie. Ayo pour moi ne restera pas dans les annales. Je suis quand même intéressé d'entendre un CD du groupe histoire de voir sir le technicien son était vraiment si mauvais que ça.
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