jeudi, avril 05, 2007

Les sept plumes de l'aigle de Henri Gougaud


Voici un roman que je vous recommande vivement de lire :o)

Luis A. est né en Argentine. Avant de quitter ce monde, sa mère, une indienne Quechua, lui a légué un savoir millénaire. Est-ce pour la retrouver que Luis, très jeune, est parti sur les routes ?
L'initiation commence dans les ruines de Tiahuanaco, où l'adolescent fait la connaissance d'El Chura, chaman, "homme au plumage de renard". Celui-ci lancera son disciple à la recherche des sept secrets de la vie. Cette rencontre en entraînera d'autres : celle du "gardien du temps", du vieux Chipès, de doña Maria, de l'amour qui est le premier mystère du monde.
Cette quête étrange, tourmentée, d'un savoir et d'une lumière, a bien eu lieu, un jour, entre la Sierra Grande, les ruelles de la Paz et le plateau de Machu Picchu.

Voilà pour le résumé officiel du livre.
Pour ma part, je me suis laissée aller à la découverte de ce destin incroyable, mais qui peut nous arriver à tous en fait (Bizarre, ça me fait penser au "fabuleux destin d'Amélie Poulain"...).
Ce Luis traverse une bonne partie de l'Amérique latine, pendant une époque qui doit remonter aux années 70, la guérilla et la dictature domine certains pays, ainsi que la pauvreté... A travers les aventures de Luis, est dépeinte une vision très forte et réelle de l'Amérique latine, même si c'est à travers des petits détails.

Sinon ce roman s'apparente surtout selon moi à une belle légende de chemin humain, la quête de soi et des secrets de la vie, secrets qui sont souvent sous notre nez mais que nos occupations perpétuelles, l'argent ou d'autres choses nous empêchent de saisir et de savourer.
En le lisant , de temps en temps, je pensais à l'alchimiste de P. Coelho, mais le livre dont je vous parle est moins philosophique. Plein de petites choses, des rapports à la vie , etc nous sont suggérés, questionnés à travers l'histoire personnelle de Luis.

Ce qui m'a le plus marqué, mais vraiment, c'est le fait que ce chaman, El Chura, apprend à Luis à vivre dans "le sentir" et non juste dans "le penser"... ca fait du bien !
Le sentir c'est sentir la vie courir au bout de ses doigts, sentir sa pulsion dans l'eau qui court, la pierre qui attend chargée de souvenirs millénaires, le vent qui porte l'aigle, la nuit dont la lune ronde s'offre aux étoiles, ...
Le cervau doit être un outil et non un maître, sinon nous sommes tels des pantins face à lui qui nous fait mirroiter des rêves, des utopies, ou qui nous fait trembler sous la peur du futur, sous des phobies inexistantes.
Bref, ce roman m'a donné envie de saisir la vie pour ce qu'elle est, un grand courant fertile qui fait pousser des choses de partout, même dans les coins les plus déserts. Vivre un peu plus le moment présent et savoir écouter et sentir au delà de ce que la tête nous dicte comme étant rationnel, vrai ou pas.

J'espère rencontrer moi aussi des El Chura, des Chipès, des penseurs sages, des buveurs de vie, pouvant me transmettre leur savoir. Si ca se trouve, nous en rencontrons tous tous les jours sans le savoir, à travers un petit enfant, une femme donnant la vie, un vieux assis sur son banc depuis 10 ans.

Je nous souhaite à tous de pouvoir saisir la vie comme elle vient, sans tout vouloir changer, imaginer d'avance ou espérer... la perfection n'existe pas. Mais ça, en réalité, dur d'appliquer au quotidien.
Bien sûr quand je dis de vouloir saisir la vie telle qu'elle est, ça n'empêche pas de se battre et agir pour un monde plus solidaire, plus propre, plus tout ce qu'on veut...

Bref, bonne route à tous et si un jour l'envie vous prend, partez donc faire un tour dans la Cordillère des Andes, en compagnie de Luis et d'El chura. Cela en vaut la peine :o)
Pour ma part, j'espère un jour aller dans ces montagnes pour de vrai !

Céline

Aucun commentaire: